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Pride

J’ai découvert deux films cette semaine. Deux films bouleversants et magnifiquement bien joués et tournés :

Below her Mouth d’April Mulen avec Érika Linder et Nathalie Krill qui incarnent les deux personnages principaux.

Jasmine est éditrice d’un journal de mode, fraîchement fiancée. Son conjoint s’en va pour un déplacement professionnel et Jasmine fait la rencontre de Dallas, entrepreneuse en charpente qui s’occupe de travaux en face de chez elle. Elle est troublée dès qu’elle l’aperçoit par cette femme androgyne au regard pénétrant. En sortant avec l’une de ses collaboratrices, Jasmine croise à nouveau Dallas sans le bar lesbien où l’a attirée son amie. Les hasards de la vie et les charmes de Dallas vont faire qu’elles vont démarrer une histoire intense, passionnée, qui va les troubler au plus haut point.

J’ai découvert ces actrices avec beaucoup d’émotion. Les sentiments de l’une et de l’autre sont parfaitement joués et retranscrits. Dallas est perdue dans ses relations où elle ne s’épanouit pas et ses histoires sans lendemain. Elle est en quête de ce quelque chose de plus à sa vie qui pourrait lui apporter le bonheur qui lui manque.
Jasmine semble s’ennuyer du couple qu’elle forme avec son fiancé, et ne parvient pas à rallumer la flamme qui les rapprochait avant. Lui semble s’installer dans une routine qui n’aide pas non plus. C’était sans compter sur le fait qu’elle avait toujours nié son attirance pour les femmes, mais face à Dallas, les barrières s’effondrent et laissent place à la tentation, au désir, à l’amour-passion contre lequel on ne peut pas lutter.

Une romance saphique poétique, au rythme de battements de coeur. Le film est interdit aux moins de 18 ans pour ses scènes érotiques frontales plus qu’explicites, mais qui sont tournées avec beaucoup de douceur par la réalisatrice.
Si vous aimez ce genre de romance n’hésitez pas, Dallas et Jasmine vous feront vivre leurs émotions au fur et à mesure du visionnage.

La vie d’Adèle d’Abdellatif Kéchiche avec Adèle Exarchopoulos et Léa Seydou.

Étrangement je n’avais jamais osé passer le cap de cette histoire qui pourtant avait beaucoup fait parler d’elle. C’est en l’évoquant avec une amie lors d’une discussion sur le rôle transgressif des arts (ouais ça fait pompeux dit comme ça, mais la discussion était cool!) qu’elle a attisé ma curiosité. J’ai donc lancé le film qui d’ailleurs était conseillé par la plateforme de VOD après le visionnage de Below her mouth.

Et là… le choc total. Je suis resté bouche bée presque tout le long devant le jeu d’Adèle. Léa Seydou est très douée aussi, particulièrement dans ses colères je trouve, mais je découvrais Adèle Exarchopoulos avec une admiration grandissante au fur et à mesure du film. Toutes les images d’elle sont fortes. Tous les acteurs sont d’un naturel bluffant, si bien que l’on a l’impression d’être entrés dans la vie de ces personnes en voyeurs indiscrets.
Adèle est en pleine adolescence, en pleine quête d’elle même lorsqu’elle rencontre Emma (mon dieu pour rien au monde je ne veux revivre l’adolescence). Elle comprend dans la première partie du film que son attirance va plutôt vers les filles. Elles vont vivre une histoire intense de plusieurs années avant que la vie commence à détériorer ce bonheur.

Adolescence, amour, routine, colère, déchirement, tromperie, impossibilité d’oublier l’autre… tout y passe et on accompagne Adèle dans les montagnes russes de ses émotions. J’ai ADORÉ!

Les scènes érotiques sont aussi, sinon plus intenses que dans le film précédent, mais toujours tournées avec beaucoup d’intelligence à mon sens. Elles apportent quelque chose au film, car nous les vivons avec le personnage principal pris dans ce tourbillon terrible que l’on peut vivre, particulièrement à cet âge.

Deux films qui traitent l’amour. Deux films qui mettent en exergue les difficultés que certains peuvent avoir lorsqu’ils expriment leurs différences, mais qui justement nous font vivre ces histoires d’amour sans s’y attarder, avec ce regard bienveillant sur toutes les façons d’aimer.