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Dire ou ne pas dire…

Vous qui avez été mon pays. Vous qui avez fait de mon monde le terrain des possibles. Vous qui avez construit la France, au lendemain des guerres qui ravagèrent notre pays. Vous qui vous êtes battus dans des conflits qui n’étaient pas les vôtres… vous, que l’on oublie aujourd’hui, je veux penser à vous.

Mon frère travaille dans un EHPAD. Il s’attelle depuis des années à prendre de soin de cette France d’hier, qui pourtant est toujours là. Elle vibre encore, elle pleure encore de sa solitude et sans doute aussi de voir ce que sont devenues toutes les batailles qu’elle a menées pour ses enfants. Cette France qui ne compte pas dans les morts de notre « guerre » actuelle… cette France que l’on ne voit plus, car elle reste cachée dans les murs confinés de ces établissements qui appellent à l’aide.

Cette France qui commence à comprendre que rien n’a vraiment changé, qu’il y aura toujours de bons penseurs pour dire qui est utile, et qui ne l’est pas. Qui définit qui doit vivre et qui peut mourir.

J’ai le coeur serré d’imaginer ces hommes et ces femmes, au crépuscule de leurs jours, se tourner vers les seuls qu’ils peuvent voir en ce moment avec dans le regard cette prière que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve.

J’ai la tête remplie des souvenirs de mes grands-pères qui ont « la chance » d’être partis avant de voir leur monde tourner encore une fois, comme du mauvais lait caillé.

J’ai les yeux embués de penser à mes grands-mères, si loin de moi, qui s’inquiètent pour leurs petits enfants, car, bon sang, quel monde est-ce là?

Je vois, le lis, j’entends tant de choses. Sur les réseaux sociaux, à la télévision ou à la radio… et je ne peux m’empêcher de constater que peu de ces choses valent la peine.

J’ai le sentiment que l’on fait aujourd’hui, l’apologie de la médiocrité. On aime écouter ceux qui n’ont rien à dire et l’on passe au silence ceux qui pourraient, sur un malentendu, dire quelque chose d’intelligent.

Je suis abasourdi lorsque j’allume la télévision, ce que je fais rarement, du nombre de programmes débilitants qui continuent d’être diffusés, faute aux téléspectateurs qui se défendent toujours par le fait qu’il faut bien savoir se vider la tête. Mais soyons honnête, la bassesse et la médiocrité n’ont jamais vidé aucune tête, elle a plutôt la tendance de les remplir, mais pas nécessairement de qu’il faudrait.

Je regarde parfois quelques minutes des informations pour me tenir un minimum informé, mais informé de quoi? Des sujets que le rédacteur a décidé de faire passer, sûrement dirigés par une volonté supérieure? L’on définit pour nous ce que l’on doit savoir. Et là où les chaines d’information en continu auraient pu soigner ce bas blessé, elles ont fait le choix surprenant de donner encore moins qu’un JT de vingt minutes sur les grandes chaines, pour repasser en boucles les mêmes 5 minutes entre deux coupures pubs d’égales longueurs.

Nos journalistes sont devenus des apiculteurs, ils se soucient plus de rapporter des buzzzzz, que des faits.

Je rêve d’un journal qui ne prenne jamais parti et qui me permette de me faire mon propre avis, plutôt que de me gaver comme une oie pour Noël, de ce que certains ont cru bon de me nourrir.

Je rêve d’émissions dans lesquelles on peut entendre des gens intelligents, qui sont là pour nous apprendre des choses, et pas seulement tard le soir ou sur les chaines secondaires. Et si j’avais un souhait à faire, ce serait que certains ouvrent un livre, et qu’ils en profitent pour savourer le silence.

Dire ou ne pas dire… ? Telle est la question!

 

 

NOUVEAU:

Mon dernier roman, Jolly Roger, est disponible en suivant ce lien:

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Vous que j’aime

Depuis quand l’Homme marchande-t-il sa liberté, au nom du soi-disant « bien commun » ?

Depuis quand l’humanité s’abaisse-t-elle à nourrir la solidarité par la culpabilité ? L’Unité par la peur  ?

Je parle peu de ce qui se déroule en ce moment. On entend assez parler de tout, et souvent même de rien, dans la mesure où nous sommes gavés de fausses informations que nous nous empressons de relayer par nos réseaux sociaux, derniers soubresauts de notre contact avec le monde…

Je veux parler d’autre chose, entendre parler d’autre chose, non pas parce que je nie ou que je veux oublier notre situation, mais parce que tout simplement, la vie continue, et qu’elle continuera après. Sans doute différemment, si nous prenons certaines consciences. Peut-être sans trop de changement, si nous ne prenons pas le temps de comprendre la mesure de notre abrutissement. Parce que la vie continue autour de nous, chez nous.

Vous que j’aime, je pense à vous. Pas par inquiétude, pas seulement ces derniers jours et ces prochaines semaines, mais constamment. Parce que je vous aime, justement. Parce que votre âme m’est indispensable et que même si nous ne pouvons pas nous croiser physiquement, je sais que nos esprits sont en contact par cet amour qui, plus fort que tout, a fait que nous nous sommes un jour croisés.

Vous qui travaillez pour permettre au plus grand nombre de rester en sécurité, je vous honore et vous respecte, mais pas aujourd’hui. Chaque jour depuis mon plus jeune âge. J’admire le dévouement des personnes qui décident de prendre soin des autres. J’ai admiré mes grands-parents qui l’ont fait toute leur vie. Mon frère s’y attelle en ce moment même pour être présent pour vos parents, vos grands parents. Mais son travail, il le fait depuis des années. Je vous honore.

Pas aujourd’hui, mais chaque jour.

J’ai mal… mal de voir ainsi mon pays. Mal de voir nos puissants profiter de ce temps où nos yeux sont tournés ailleurs. Profiter de l’urgence pour prendre des décisions qui impacteront nos vies sur le moyen, ou long terme. Mal de voir que beaucoup approuvent, « pour le bien du plus grand nombre ». Mais quel bien ? Quelle responsabilité a-t-on face à la crise qui va suivre ? Aucune ! Nous sommes pour la plupart de simples salariés, de simples citoyens, qui donnons de notre temps contre le peu d’argent qui nous permet de faire vivre nos familles. La responsabilité est celle de ceux qui, année après année, défont peu à peu nos acquis pour satisfaire et renforcer un système qui nous étouffe.

J’ai mal de me dire que la loi pourra m’imposer de travailler plus, sans contre partie, « par solidarité »… ma solidarité je la montre chaque jour, à ceux qui m’entourent. La solidarité ne s’impose pas par la loi, elle est l’affaire des consciences de chacun.

J’ai peur qu’au sortir de cette période, rien ne change d’autre que nos droits.

J’ai peur que notre humanité ne soit bafouée, plutôt qu’élevée, alors que cette lutte aurait pu au contraire nous faire saisir l’essentiel.

J’espère avoir tord, et me soucier de cela pour rien… en attendant, prenez soin de vous, mais de grâce, n’oubliez pas de regarder plus loin et que rien… RIEN, ne devrait entacher notre Liberté.

Monstrueuses

Le soleil filtre à travers les lames des persiennes bleues ciel de notre maison de vacance. J’entend que tu prépares le café, au rez de chaussée. Je peine à sortir de la douceur des draps, mais ta voix me tire de ma léthargie, le petit déjeuner est servi.
Je me hâte de m’habiller, me regarde quelques instants dans le miroir, je passe ma main dans mes cheveux. Je veux être beau pour toi. Lorsque j’arrive enfin dans la cuisine, tu es absorbée par la lecture d’un article sur ta tablette. Je dépose un baiser sur ta joue, et tu n’y réponds que par un grognement distrait. Je m’assoie en face de toi, sur la table-bar de la cuisine. La tasse de café fume et je m’en brûle presque les lèvres lorsque j’en avale la première gorgée, mais c’est ainsi que je l’aime.
Lorsque tu poses enfin ton regard sur moi, tes lèvres si belles s’étirent en un rictus moqueur.

– Tu comptais vraiment porter cette tenue? me lances-tu.

– Oui, pourquoi?

– Il est hors de question que tu sortes comme ça! Tu vas me faire le plaisir d’enfiler quelque chose de moins tape à l’œil. Tu veux attirer le regard de toutes les poules de la ville? Tu veux vraiment passer pour une salope?

Je baisse le regard, à la fois blessé et honteux. Ma chemise bleue ciel est déboutonnée pour laisser paraître juste un peu de mon torse, et un pantalon légèrement moulant au tissu fin et délicat, épouse mes formes pour me mettre en valeur. Mais si j’avais choisis, quelques minutes plus tôt, de porter cette tenue, c’était juste pour te plaire et me sentir beau…

– Je dis ça parce que je t’aime, tu sais… me lanças-tu d’une voix douce.

J’acquiesce d’un mouvement de tête.

Je termine mon café et remonte dans la chambre. Je sors un tee shirt assez banal et un jean plus ample, et les passe avant de redescendre te rejoindre.

– Ah, tu vois quand tu fais un effort, tu sais t’habiller normalement! me dis-tu seulement.

J’essaye de passer à autre chose… je ne vais tout de même pas gâcher notre journée de repos pour une broutille pareille.

Nous sortons en fin de matinée, pour retrouver un groupe de tes amies à un restaurant du village provençal où nous aimons nous retrancher, loin de Paris. Elles sont déjà là et nous taquinent pour notre retard.

– Vous savez ce que c’est, commences-tu, les hommes mettent toujours des heures à se préparer. Comme si s’habiller et se coiffer demandait de grandes études… heureusement qu’on est plus productives. Si on comptait sur eux pour faire tourner le monde, on ne serait pas rendues!

– Les hommes sont tous les mêmes, répond ta meilleure amie, Anne. Ils ne cherchent qu’à attirer l’attention pour réussir à chopper celles d’entre nous qui sont assez bêtes pour se laisser avoir!
Vous partez toutes dans un éclat de rire, et je me sens obligé de sourire, comme si ne pas le faire me soumettait au jugement général.

Les discussions vont bon train. Vous échangez les dernières nouvelles, les actualités de vos métiers respectifs et quelques « on dit » sur celles du groupe qui se sont éloignées. Emilie, qui me voyait en retrait depuis un moment, finit par m’approcher au moment du dessert.

– Tout va bien? me demande-t-elle un peu inquiète.

– Oui oui, tout va bien, réponds-je.

– Tu es sûr? Tu m’as l’air un peu à l’écart depuis quelques temps… si jamais il y a quoi que ce soit, tu sais que tu peux m’en parler?

– Oui, merci.

Je souris avec difficulté.

Je me rends compte à entendre les mots d’Emilie, que je ressens un vide terrible. Un étau me serre le cœur et les entrailles et je ne parviens pas à savoir ce qui provoque ce mal être. Le repas se termine et une fois en voiture, tu gardes le silence un long moment. C’est presque arrivé à la maison que tu t’arrêtes sur le bas-côté et me fixe, le regard en feu, furieuse.

– Tu peux me dire ce que cette conne d’Emilie t’as dis?

– Rien de précis, elle me demandait si ça allait.

– Qu’est-ce que ça peut lui foutre?

– C’est aussi bien mon amie que la tienne.

– Non! C’est mon amie. Toi, tu n’as pas à parler à qui que ce soit, sauf si je te le dis, tu m’entends? tu cries maintenant.

– Attends, je n’ai pas à te rendre de compte sur avec qui je parle, encore moins quand tu les connais, tentais-je maladroitement.

– Je te demande pardon?

– J’ai le droit de parler aux gens.

Tu te mets à pouffer de rire.

– Et qu’est ce que tu pourrais bien leur dire? Tu es un bon à rien, tu ne fais rien de tes journées. Qui est-ce qui rapporte l’argent à la maison? C’est toi peut être?

Silence…

– Réponds quand je te poses une question!

– Non c’est toi.

– Alors qu’est ce que tu peux bien vouloir raconter?

Silence…

Tu m’attrapes par la manche et ta main saisit mon visage pour me forcer à te regarder dans les yeux.

– Tu me fais mal… dis-je.

– Oh je lui fais mal au petit bébé… et bien c’est à moi que tu fais mal en t’affichant comme ça avec Emilie.

Je sens tes ongles s’enfoncer sans mes joues et je tente de me dégager.

– Tu me fais du mal, tu m’entends? répètes-tu avant de me relâcher et de reprendre la route.

– Je t’aime, tu sais? Et je veux que tout fonctionne entre nous, reprends-tu. Tu ne veux pas que tout fonctionne entre nous?

– Si…

– Alors tu fais ce que je te dis!

Mon cœur se met à battre à tout rompre. Je tente de répondre que ça n’est pas ça l’amour et que par « tout faire » j’entends quand même certaines limites, mais les mots ne passent pas la barrière de mes craintes et de ma honte… je sens une sueur froide qui remonte le long de ma colonne et c’est alors que je me réveille.

Rassuré, je respire un grand coup… ce n’était qu’un horrible cauchemar.


Cette histoire n’est qu’une histoire, et ce cauchemar d’un homme, c’est la réalité de dizaines de millions de femmes à travers le monde. 149 femmes sont mortes en 2018 sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints et c’est environ 220 000 femmes par an, en France, qui sont victimes de violences de la part de ceux avec qui elles partagent ou ont partagé leur vie.
Les hommes battus sont aussi une réalité, et je ne veux pas les oublier non plus. En France c’est plus 70 000 hommes victimes de violences, pour un peu plus de 20 morts par an.


Dans tous les cas, la violence envers autrui est une honte qu’il faut condamner, et que je voulais dénoncer par cette micro-nouvelle.
#Noustoutes

Je rêve…

Je rêve et je m’enfuis… non pas pour tourner le dos à la réalité ou nier les problèmes auxquels je dois faire face, mais parce que le rêve est le terreau de toute création.

Jules Verne avait rêvé un siècle en avance le fait que l’Homme marcherait un jour sur la Lune. Orwell dénonçait en 1948 l’espionnage gouvernemental dont le principal scandale éclata en 2013. Les auteurs de science-fiction d’hier inspirent les scientifiques d’aujourd’hui pour créer les technologies que l’on découvre au jour le jour, pour le bien, comme pour le pire.
Le rêve est la source de toutes les avancées, et combiné aux mots, il devient une arme de création terrible.
J’aime créer des mondes imaginaires, des histoires qui nous transportent à distorsion maximale jusqu’aux confins de l’univers. J’aime imaginer un monde ou la magie existe, non pas pour nous faciliter la vie, mais parce qu’il serait magique d’atteindre un tel niveau de conscience de l’univers, pour en distordre la réalité.

Je rêve et je voyage sans avoir à prendre l’avion, dans des contrées plus merveilleuses que je ne saurais voir, puisque tout part de mes fantasmes, de mes désirs les plus forts.

Alors, rêvez. Laissez-vous voyager par vos esprits enfantins. Cessez de croire que grandir revient à prendre racine dans ce qu’il y a de plus rationnel. Bien au contraire… Grandir, c’est prendre conscience que le rêve est tout ce qui compte, pour se donner l’espoir et le moyen, d’en faire un jour une réalité.

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A.L.O.N.E

Regarde-toi… tu te lèves le matin et tu attrapes sans trop savoir pourquoi ton téléphone. Son écran s’allume et tes doigts tracent ton mot de passe alors que tu ne t’en souviens même pas consciemment. La lumière criarde t’agresse les yeux, mais peu importe. Il faut que tu saches. Il faut que tu voies.
Les dernières publications de ton fil d’actualité défilent sous tes yeux à moitié éveillés. Tu « likes » des images sans trop te soucier de ce qui est écrit, parfois juste pour t’assurer le suivi de certaines personnes influentes…
Tu regardes avec satisfaction le compteur de tes abonnés s’élargir, garantissant à ton égo la flatterie nécessaire pour te lever du bon pied.
Sans perdre plus de temps, tu sautes du lit et passes à la salle de bain te coiffer rapidement et t’assurer que ton visage ne présente pas trop de traces d’oreiller. Pour parfaire le tout, tu passes rapidement une crème légèrement teintée et te pinces les joues. Un trait de baume couleur peau pour rehausser la couleur naturelle de tes lèvres et tu te vois replonger dans ton lit. Tu ouvres ton application favorite, adaptes ta position pour donner l’impression que tu dors encore, et appuies sur le bouton qui lance l’enregistrement.

« Salut mes petits loups, j’espère que vous allez bien. Moi je me réveille à peine, alors vous excuserez ma tête, hein… (rires). Je voulais vous dire que j’ai vu ce matin que vous m’aviez fait passer un palier supplémentaire dans mon nombre d’abonnés et je suis trooooooop joie de voir que vous êtes si parfaits. Merci mes loulous et à tout à l’heure, parce que je vous réserve une surprise dans la journée! Restez connectés. Kisouuuuus ».

Tu te redresses et valides la vidéo qui se publie presque instantanément. Tu regardes ton oreiller et tu vois la trace plus foncée de ton fond de teint dessus. Prise de panique, tu repasses ta vidéo pour vérifier que rien ne se voit dessus. Par chance, il fait trop sombre pour que cela se remarque. Tu souris. Un premier commentaire tombe.
« Tu es tellement belle, même au réveil. Merci à toi pour ce que tu fais. »

Tu es tellement touchée par cette réaction que tu lui réponds directement. Tu te dépêches, car tu es en retard. Tu as rendez-vous pour un shooting photo avec un ami photographe. Tu comptes faire évoluer ton feed et prépares des photos d’Urbex afin de surfer sur la vague tendance du moment. Avant de partir, tu fais tout de même le point sur l’état de la monétisation de tes dernières vidéos. La vie d’influenceur…
Tu te prépares donc et rejoins Franck à l’entrée d’une ruelle, devant un grand bâtiment à l’abandon. L’une des stars de ton réseau favori a déjà posté une photo de ce bâtiment et tu veux profiter de l’engouement pour faire une story du début du shooting, ça fera parler un peu ton public. Tu rentres dans la ruine de béton et de métal rouillé. L’excitation est à son comble, c’est juste un décor parfait pour des posts qui crèveront les plafonds de « j’aime » et de « follows ». Tu prends les positions les plus improbables pour mettre en valeur ton corps, car ton image, c’est ce qui crée l’interaction. Il faut attirer le regard, donner un peu de soi pour satisfaire la curiosité et la soif indiscrète de ton public. Tu changes de tenues et d’accessoires pour donner de la visibilité à tes sponsors. C’est ainsi que tu gagnes ta vie. Tu vends ton image pour faire vendre du rêve et des produits que d’autres ont conçus, que d’autres encore ont fabriqués.
Soudain, tu entends le silence lourd qui règne autour de toi. Tu n’y es pas habituée. Même les bruits de la ville sont étouffés par l’atmosphère fantomatique des lieux. Mal à l’aise, tu attrapes ton téléphone pour regarder tes réseaux, et peut-être mettre un peu de musique pour remplir ce vide gênant. Les cliquetis de l’appareil photo continuent.
« Avec ton téléphone c’est bien oui! » te précise Franck.
Tu te rends compte que tu n’as pas de réseau. Pris de panique, tu parcours les lieux en cherchant le moindre sursaut de lien vers la civilisation… rien…
Tu regardes Franck, qui pense que tu fais des poses volontaires et qui s’amuse à te voir dans des positions plus improbables les unes que les autres. Le silence n’en finit plus… tu es perdu…

Entends le sifflement continu des machines qui soufflent. Ô que souffre mon âme de ces ventilations incessantes, de ce capharnaüm de vibrations qui rappellent que les uns et les zéro ont un coeur palpitant qui tend à battre au même rythme que le nôtre.
Sens les vapeurs de métal et de gaz qui envahissent l’air, qui étouffent nos âmes et éteignent les couleurs du monde. Quand les géants de ciment et de verre poussent là où régnaient les verts et oranges d’automne, que penser de nous?
De nous qui laissons trainer nos immondices sur les bords des serpents de goudrons, sans nous soucier ni de demain, ni des prochains.
De nous qui nous nourrissons des lumières des écrans plutôt que de celles des cieux.
De nous qui nous prenons pour des dieux sans comprendre que les dieux sont en quête d’Équilibre alors que nous n’effleurons qu’à peine la notion que cela représente.
Entends le brouhaha constant dans lequel tu vis… ton coeur à oublier le silence et le goût de juste Être. Sois, et vis, sans quoi demain n’a pas de dessin.

Ce texte est soumis aux droits d’auteur

Les feuilles d’automne

Quelle originalité… et non, je ne parlerai pas de la saison des feuilles tombantes et des colchiques qui fleurissent, mais de mes projets en cours et à venir.

Parce que cette année fut calme pour moi en matière de publications littéraires, je voulais vous expliquer le pourquoi, le comment et le quand.

J’ai sorti cette année Annales du monde oublié, un recueil de nouvelles illustré (avec talent par ma merveilleuse épouse : Emmanuelle Delouhans). Et ce fut la seule de l’année, alors que j’avais prévu de terminer et de vous dévoiler les trois derniers tomes de ma série : Les Affres!

« Mais pourquoi ce choix terrible, cette attente interminable et cette torture insoutenable? », me direz-vous. Parce que j’ai pris la décision de quitter le service d’aide à l’édition BoD pour transférer toutes mes oeuvres sur Amazon. Je salue le travail de cette équipe formidable qui travaille pour BoD, et mon choix n’est pas dû à une déception par rapport à eux, mais à des raisons purement financières. Le coût de la publication Amazon est infime et me permet de garder la totalité de mes droits, sans contrat me liant à qui que ce soit.

Donc voilà j’ai mis en pause mes publications, sans pour autant mettre de côté l’écriture, puisque cette année 2019 m’aura permis de terminer la rédaction de mon roman historique traitant de la piraterie et des tomes 4 et 5 des Affres. Le tome 6, le dernier de cette série, en étant déjà à la moitié.

À quoi vous attendre pour mes prochaines sorties alors?

Premièrement, une nouvelle qui intègrera le recueil des Plumes indépendantes qui sortira en novembre. Ensuite, mon roman pirate vous sera présenté début 2020. Je prépare un joli livre avec le concours d’Emmanuelle qui vous dévoilera quelques illustrations inédites qui y seront intégrées. Puis, ressortira l’intégralité des tomes des Affres. Oui oui, vous avez bien lu, vous pourrez trouver les trois tomes manquants à cette saga dystopico fantastique dans l’année qui vient 🙂 pour terminer l’année par la réédition en trois tomes d’Éden, comme elle devait se faire à l’origine, et ce avec de toutes nouvelles couvertures.

Pour ce qui est des projets inédits. Je suis en train de travailler un roman sur la jeunesse du personnage principal d’Éden. Je suis super content de retourner dans ce monde complètement imaginaire, mais cela demande beaucoup de travail pour que ce soit accessible à un public jeune (j’ai tendance à écrire pour adultes, mais ce projet est dédié à mon filleul qui rentre juste en adolescence…)… affaire à suivre.
Puis il y a également la suite d’Indomptables qui prend forme doucement. Le second volet verra Kate devenir narratrice de son histoire. Vous retrouverez David et Ève, mais vous pourrez aussi en découvrir bien plus sur le passé de la belle peintre brune. 😉

Voilà voilà pour ce qui est de mes projets. J’ai hâte de vous présenter tout ça au fur et à mesure! En tout cas, merci à ceux qui suivent tout ça et qui me font l’honneur d’être curieux de ce que j’ai à dire et à rêver!

Beau dimanche 😉

 

Réquisitoire pour le pouvoir des mots

Pourquoi est-ce que j’écris ?

C’est une question que l’on m’a déjà posé et à laquelle je n’ai pas de réponse définie.
Mais si je devais tenter de mettre des mots sur ce besoin irrépressible d’attraper un morceau de papier à noircir, je dirais que j’écris parce que je crois que les mots sont les seuls vecteurs d’idées et de rêves depuis la nuit des temps.

L’Homme a transmis son savoir et son Histoire par le biais d’une tradition orale, qui nous permet aujourd’hui de connaitre des fragments de ce passé lointain. Puis, l’écriture est apparue et l’on s’est rendu compte qu’il s’agissait sans doute d’une manière plus sûre d’assurer la pérennité de ces récits. L’écriture a toujours eu ce caractère sacré qu’elle semble perdre au fil du temps. On prêtait aux runes des propriétés magiques. L’écriture et la connaissance ont été longtemps réservées aux hommes d’Église.
L’imprimerie a révolutionné le rapport de l’homme à l’écriture et à la connaissance. Longtemps l’apanage à l’élite, le peuple commença petit à petit à y avoir accès. Les écrits se transformèrent et l’on put découvrir le pouvoir des mots comme vecteurs d’art et de rêves. La poésie côtoyait l’Encyclopédie, les voyages au centre de la Terre se taillaient une part de la gloire des Mémoires des Grands Hommes.

Vous pardonnerez ce petit élan d’historique (très rapide et vulgaire) de l’écriture, mais tout cela pour pointer du doigt que toutes les grandes évolutions, tous les bouleversements de l’humanité, ont été poussés par la force des mots. Encore aujourd’hui, les mots sont là pour nous dicter leurs lois. La publicité les utilise pour manipuler nos inconscients aussi bien sinon mieux que nos politiques, les médias nous inondent de champs lexicaux réfléchis pour maintenir nos niveaux de concentration sur ce que leurs rédacteurs décident. On fustige les petits auteurs indépendants lorsque l’on glorifie les quelques élus qui ont l’honneur de se faire choisir par le sacro-saint comité de lecture de telle ou telle grande Maison.

Le pouvoir des mots est immense et je trouve que ces dernières années, une sorte de censure douce tend à s’imposer insidieusement. Un « politiquement correct » avec lequel on nous bassine pour nous dicter ce qui se dit ou ne se dit pas. Et si j’ai un jour choisi d’écrire, c’était par amour pour la liberté d’expression. C’était avec une volonté farouche de dire mes rêves, de chanter mes idées, d’exprimer ce que mon coeur et ma raison me dictent.

Mes écrits, derrière des scénarios d’aventures fantastiques ou de romances atypiques, distillent mes pensées, décrivent des mondes, appellent à l’Équilibre. Je n’ai pas la prétention d’avoir la mission de transmettre mes idées, mais je crois que lorsque l’on a quelque chose à exprimer, il ne faut pas hésiter, car personne ne le fera pour vous. Que ce soit par l’art, l’écriture, le cinéma, la peinture, le journalisme… peu importe. Seul compte la liberté de dire ce que l’on a envie de transmettre.



Le véritable pouvoir des mots réside dans l’écho que ceux-ci auront aux coeurs de ceux qui vous liront.

 

Beau dimanche à vous,