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Pride

J’ai découvert deux films cette semaine. Deux films bouleversants et magnifiquement bien joués et tournés :

Below her Mouth d’April Mulen avec Érika Linder et Nathalie Krill qui incarnent les deux personnages principaux.

Jasmine est éditrice d’un journal de mode, fraîchement fiancée. Son conjoint s’en va pour un déplacement professionnel et Jasmine fait la rencontre de Dallas, entrepreneuse en charpente qui s’occupe de travaux en face de chez elle. Elle est troublée dès qu’elle l’aperçoit par cette femme androgyne au regard pénétrant. En sortant avec l’une de ses collaboratrices, Jasmine croise à nouveau Dallas sans le bar lesbien où l’a attirée son amie. Les hasards de la vie et les charmes de Dallas vont faire qu’elles vont démarrer une histoire intense, passionnée, qui va les troubler au plus haut point.

J’ai découvert ces actrices avec beaucoup d’émotion. Les sentiments de l’une et de l’autre sont parfaitement joués et retranscrits. Dallas est perdue dans ses relations où elle ne s’épanouit pas et ses histoires sans lendemain. Elle est en quête de ce quelque chose de plus à sa vie qui pourrait lui apporter le bonheur qui lui manque.
Jasmine semble s’ennuyer du couple qu’elle forme avec son fiancé, et ne parvient pas à rallumer la flamme qui les rapprochait avant. Lui semble s’installer dans une routine qui n’aide pas non plus. C’était sans compter sur le fait qu’elle avait toujours nié son attirance pour les femmes, mais face à Dallas, les barrières s’effondrent et laissent place à la tentation, au désir, à l’amour-passion contre lequel on ne peut pas lutter.

Une romance saphique poétique, au rythme de battements de coeur. Le film est interdit aux moins de 18 ans pour ses scènes érotiques frontales plus qu’explicites, mais qui sont tournées avec beaucoup de douceur par la réalisatrice.
Si vous aimez ce genre de romance n’hésitez pas, Dallas et Jasmine vous feront vivre leurs émotions au fur et à mesure du visionnage.

La vie d’Adèle d’Abdellatif Kéchiche avec Adèle Exarchopoulos et Léa Seydou.

Étrangement je n’avais jamais osé passer le cap de cette histoire qui pourtant avait beaucoup fait parler d’elle. C’est en l’évoquant avec une amie lors d’une discussion sur le rôle transgressif des arts (ouais ça fait pompeux dit comme ça, mais la discussion était cool!) qu’elle a attisé ma curiosité. J’ai donc lancé le film qui d’ailleurs était conseillé par la plateforme de VOD après le visionnage de Below her mouth.

Et là… le choc total. Je suis resté bouche bée presque tout le long devant le jeu d’Adèle. Léa Seydou est très douée aussi, particulièrement dans ses colères je trouve, mais je découvrais Adèle Exarchopoulos avec une admiration grandissante au fur et à mesure du film. Toutes les images d’elle sont fortes. Tous les acteurs sont d’un naturel bluffant, si bien que l’on a l’impression d’être entrés dans la vie de ces personnes en voyeurs indiscrets.
Adèle est en pleine adolescence, en pleine quête d’elle même lorsqu’elle rencontre Emma (mon dieu pour rien au monde je ne veux revivre l’adolescence). Elle comprend dans la première partie du film que son attirance va plutôt vers les filles. Elles vont vivre une histoire intense de plusieurs années avant que la vie commence à détériorer ce bonheur.

Adolescence, amour, routine, colère, déchirement, tromperie, impossibilité d’oublier l’autre… tout y passe et on accompagne Adèle dans les montagnes russes de ses émotions. J’ai ADORÉ!

Les scènes érotiques sont aussi, sinon plus intenses que dans le film précédent, mais toujours tournées avec beaucoup d’intelligence à mon sens. Elles apportent quelque chose au film, car nous les vivons avec le personnage principal pris dans ce tourbillon terrible que l’on peut vivre, particulièrement à cet âge.

Deux films qui traitent l’amour. Deux films qui mettent en exergue les difficultés que certains peuvent avoir lorsqu’ils expriment leurs différences, mais qui justement nous font vivre ces histoires d’amour sans s’y attarder, avec ce regard bienveillant sur toutes les façons d’aimer.

Histoire

Je me pose une question lorsque je regarde les informations de ces dernières semaines: pourquoi vouloir effacer les traces de l’Histoire?

Je ne peux qu’imaginer la difficulté des héritages reçus de toute une population qui, encore aujourd’hui, font les frais d’actes de domination de personnes qui se sentent supérieures. La crise du Covid 19 m’a marqué particulièrement sur le sujet. Si les mesures liées à cette pandémie a pris autant d’ampleur, c’est bien parce que ce virus a touché des petits blancs dont la situation n’est pas si mauvaise. Lorsqu’il ne s’agissait que de foyers éloignés d’un pays pauvre, l’émoi était bien loin de ce qu’il devint par la suite. Donc, l’héritage de ceux dont les ancêtres connurent l’esclavage, le colonialisme et j’en passe est très lourd. C’est une blessure d’identité ancrée dans le coeur qui peinera à s’effacer, si elle s’efface un jour.
Je suis en train de lire le roman l’Art de perdre d’Alice Zéniter, qui traite ce sujet avec beaucoup de douceur et en connaissance de cause, puisqu’elle est elle même héritière du passé colonial de son grand-père algérien.

Je comprends ce cheminement qui mène à des colères ou des révoltes. Vous commencez à me connaître, je suis de ceux qui prônent la liberté de tous et l’acceptation. Je suis de ceux qui appellent à vivre nos vies et à foutre la paix aux autres… Mais je ne comprends pas le geste de vouloir effacer l’Histoire. Bien au contraire, racontons cette histoire, éduquons nos générations futures au regard des aberrations de nos Pères. Pourquoi, au lieu d’abattre des statues (ce qui somme toute ne servira qu’à défouler ceux qui le font) ne changeons-nous pas les plaques commémoratives en mémoriaux ? Le négrier reste et restera (il est mort depuis longtemps), mais passons à la postérité l’horreur de ses actes. Ne taisons pas l’innommable, trouvons les mots pour en parler. Je crois au plus profond de moi que c’est de cette manière, par l’éducation, que le sentiment que cette Histoire laisse s’estompera et que l’on pourra tenter de vivre dans une société qui verra se raréfier les actes de haine envers qui que ce soit.

Je travaille sur un texte se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale. En replongeant dans cette période que j’avais beaucoup étudiée plus jeune, je me suis fait la réflexion que la haine n’avait pas de couleur ni de race. Elle était ancrée dans le coeur de certains hommes plus que dans d’autres, et que tout est fait pour maintenir cet état qui, avouons-le, arrange sûrement bien ceux qui nous dirigent, car plutôt que de prêter attention à leurs manoeuvres, nous nous entredéchirons.

Je ne veux pas taire les horreurs du passé. Je veux au contraire les connaître et les écrire. Je veux leur donner une image et les transmettre. C’est ce que j’ai voulu faire dans Jolly Roger en parlant d’esclavage au travers d’une société qui venait tout juste de l’institutionnaliser par le Code noir. C’est en les décrivant, en les gardant dans une mémoire honnête, ni culpabilisante, ni moralisatrice, mais factuelle et humaniste, que les générations futures sauront et ne reproduiront pas les fautes du passé. Je suis de ceux qui prônent nos différences, mais celles-ci servent à construire une humanité riche, pas à diviser les êtres humains entre eux.

Regardons-nous comme des Hommes, pas comme des noirs, gays, juifs, blancs, etc…
Nos différences ne sont ni des armes ni des murailles, mais une richesse.
Notre Histoire enseigne les fautes du passé.

N’oublions pas…

Satisfaction

Je fais face de plus en plus à l’insatisfaction permanente. Une habitude de vie qui me rend terriblement perplexe. Je ne parviens pas à comprendre ce besoin d’être toujours critique, dans le mauvais sens du terme.
Je ne dis pas qu’il faut vivre dans un état de félicité débilitante, mais savoir se satisfaire de ce que l’on a me semble un acte essentiel au bonheur. Parce qu’il s’agit bien de vivre pour viser le bonheur, non? Et il me semble que celui-ci réside dans les plus infimes choses de la vie.

Je suis heureux lorsque je façonne mon pain ou que je scie mes bûches le matin pour me chauffer en hiver. Lorsque je rentre chez moi, une toute petite maison dans laquelle je me sens si bien. Je m’y sens bien parce que je fais jour après jour de ce lieu un écrin de sérénité, un nid où il fait bon vivre.

Je me demande si l’insatisfaction ne vient pas de la peur d’être heureux. J’ai entendu une réflexion dans un film qui dit que la peur n’existe pas, elle n’est qu’une projection de ce qui pourrait arriver, et donc une conséquence directe du fait de ne pas être dans le présent. Et si le fait d’être heureux ne venait que de là? Et si le bonheur n’avait pour seul secret, que le fait de trouver cet Équilibre dans lequel l’instant présent était la seule unité de mesure?
Peut-être que les éternels insatisfaits ne le sont que parce qu’ils ne connaissent que la peur. La peur de transformer sa vie pour autre chose que ce que l’on a toujours connu. Le confort rassurant de ne rien faire pour changer, même si cela a pour conséquence un mal-être.
Choisir de se défaire de ses peurs est un acte de courage, mais il reste, à mon sens, un choix. Un choix difficile, j’en conviens, mais il s’agit d’une décision difficile qui impose, un jour, de se satisfaire des petits bonheurs qui, peu à peu, en créent un immense.

Libérez-vous de vos peurs.
Vivez l’instant présent.
Choisissez le Bonheur!

Indomptables : Mes personnages

Ève:

Descendante d’Artémis dans Jolly Roger (eh oui, mes romans sont tous liés, de plus ou moins près – pour découvrir Artémis, suivez ce lien) est une jeune femme dynamique, enjouée, bienveillante, qui pourtant sait tout aussi bien faire preuve de fermeté lorsqu’il s’agit de ses affaires. Elle tient une agence d’Escort de luxe dans laquelle David travaille.

Ce personnage m’a été inspiré par l’une des personnes de mon entourage, tant par son physique que par son caractère. Comme je le dis souvent, les écrivains s’inspirent des fragments de vies qui les entourent, mais l’on peut dire qu’Indomptables est le roman dans lequel j’ai mis le plus de moi, de mes valeurs, de mes expériences et de ma vie.

Ayant un vrai visage incomparable, j’ai eu du mal à trouver une actrice qui pourrait vous présenter au mieux Ève, et j’ai revu Despérados de Michel Rodriguez et Salma Hayek m’a parue un bon compromis.

David:

Escort par choix et depuis qu’il peut le faire, il vend son corps et son temps pour l’argent, sans que cette activité ne lui pose de problème de conscience. C’est un homme au caractère appuyé, mais d’une douceur et d’une sensibilité qui en fait un collaborateur de talent pour Ève. Il ne croit pas en l’amour, mais ses rencontres vont lui faire changer de regard.

C’est lui qui raconte l’histoire d’Indomptables, à la première personne, donc je ne vous en dis pas trop, foncez le découvrir!

Matt Bomer pourrait donner ses traits à David.

Kate: ATTENTION SPOILER

Kate est la femme légitime d’Ève. C’est une artiste peintre qui expose un peu partout dans le monde. Son atelier principal se trouve à New York, et sa vie professionnelle la pousse d’avion en avion.

Kate est polyamoueuse depuis toujours. Elle a eu des débuts difficiles dans sa relation de couple avec Ève, qui ne comprenait pas vraiment cette façon de penser l’amour. Elle a fini par l’accepter et laisser Kate libre de vivre ses relations multiples. C’est Kate qui mènera Ève et David vers les réflexions qui leur permettront d’assumer les sentiments étranges qu’ils développent l’un et l’autre.

Ce personnage m’a également été inspiré par une personne proche. Une partie de son histoire, son caractère assez unique, son physique…

Kristen Stewart, avec cette coiffure et son caractère libre et vif, ferait une parfaite Kate.

Retrouvez Indomptables dans ma boutique, dans tous les formats

Jolly Roger: Mes personnages

Les personnages d’un roman sont essentiels. En tant qu’auteur(e)s, nous vivons avec eux pendant de longs mois, voir des années. Ils sont des fragments de nous-même et de ceux qui nous inspirent, tout cela savamment mélangé pour créer de véritables personnes complexes, pleines de la vie qu’on leur insuffle.

Je me suis dit que ça serait une bonne idée de vous présenter quatre personnages centraux de Jolly Roger, accompagnés de photos d’actrices et d’acteurs qui m’ont inspiré.

Vous pouvez retrouver Jolly Roger dans ma boutique, en version numérique ou en papier. La version brochée étant illustrée par Emmanuelle Delouhans est disponible en préachat. Il vous sera envoyé dès le 8 juin, date de sortie officielle.

Philippe D’Harcourt:

Philippe est le personnage principal de cette aventure historique. Fils bâtard d’un noble français, il a servi dans l’armée du Roi-Soleil et souhaite s’éloigner de l’Europe qui s’embrase une nouvelle fois. Pour fuir une guerre, il s’engage dans une autre: la guerre de courses aux Antilles. Son but? Atteindre cette terre paradisiaque et vivre sa vie, libre, enfin…

Philippe est un homme un peu mystérieux, sur  la réserve. Les dégâts de la guerre sur son corps et son âme en font un homme sensible, mais dont la force de caractère et la volonté sont sans faille.

J’ai aimé écrire ce personnage, car il a ce quelque chose de doux et de sauvage, ce côté torturé qui en fait quelqu’un très porté sur la réflexion et l’introspection.

Cette photo d’Hugh Jackman plus jeune correspond à l’image que je m’en fais. A quelques détails que vous pourrez découvrir dans le roman…

« Je veux être libre d’être. Je veux pouvoir
choisir mon destin sans avoir à rentrer dans les cases que d’autres ont préparées
pour moi, fussent-elles confortables et dorées. »

Philippe D’Harcourt

Athénaïs de Courbon:

Cette jeune femme pleine de fougue fuit son propre père. Elle a fait la rencontre de Philippe qui la prend sous son aile pour l’aider dans son retour aux origines. Son physique ne laisse pas deviner que sa mère était une indigène, et pourtant, Athénaïs veut retourner aux Antilles, terre de ses ancêtres.

Elle est jeune, elle est belle, elle refuse qu’on l’enchaîne à un quelconque patriarcat et veut vivre sa vie comme elle l’entend. Pour réussir sa quête, elle n’hésite pas à se déguiser en homme et à accomplir ses tâches à bord du navire, afin de ne pas être inquiétée.

Barbara Palvin pourrait incarner ce personnage qui veut croquer la vie à pleines dents.

« Et me retrouver enfermée dans le carré des officiers ?
Tu trouves ça moins risqué ? Non, je serai ton serviteur, et simple
matelot, je veux apprendre à naviguer auprès des vieux loups de
mer que tu recruteras. Trouve-moi un bon maître, avec de
l’expérience. »

Athénaïs de Courbon

Emmanuel Wynne:

Une légende dans le monde de la piraterie. Le premier a hisser le fameux pavillon noir, d’après les sources historiques. C’est de ce personnage que tout est parti. J’avais écrit la nouvelle Jolly Roger, dans les Annales du monde oublié, et j’en ai fait la version réaliste d’un capitaine crochet que l’on aurait diabolisé, juste parce qu’il était pirate.

Emmanuel Wynne est secret, charismatique. Il ne semble douter de rien et tente d’emporter avec lui toutes les âmes perdues qui veulent étancher leur soif de liberté, dans une vision d’un nouveau modèle.

Christian Bale, sur cette photo, incarne parfaitement cette aura que j’imagine pour Emmanuel.

« Nous avons rameuté des fidèles assoiffés de la vraie liberté. Nous
devons maintenant les organiser pour atteindre notre but : changer
la face du monde et construire un nouveau modèle. Et j’ai besoin
de vous pour y parvenir ! »

Emmanuel Wynne

Artémis:

Une femme ténébreuse, sensuelle et mystérieuse. Elle tient d’une main de fer une maison close à Basse-Terre, et c’est dans cette maison qu’elle fait la rencontre de Philippe. De cette rencontre dépendra bien des choses qui scelleront leur avenir commun.

Malgré la cicatrice qui barre son visage, personne ne remet en question sa beauté. Ses yeux noirs envoûtent tous ceux qui croisent son regard. Aussi secrète que la mer elle-même, cette femme fatale va bouleverser l’existence de Philippe.

J’ai découvert Lisa Bonet dans Angel Heart (1987) il y a quelques semaines, et sa prestation m’a fait terriblement penser à elle pour faire vivre mon Artémis.

« Je suis celle que je suis. Avec une histoire,
avec des pensées, avec des désirs. Pourquoi ne pas l’assumer ? »

Artémis

Une aventure

Une recherche de soi

Une révolte…

Êtes-vous prêts pour hisser le Pavillon noir?

Des nains sur les épaules des géants

J’ai entendu cette métaphore à la radio hier matin. Une image attribuée à Bernard de Chartres au XIIème siècle qui aurait dit d’après ses élèves :

« Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. »

Cette citation qui trouve des échos dans le passé comme de façon plus contemporaine, de poèmes asiatiques à Newton en passant par Montaigne, nous remet face à l’importance du passé. Elle nous rappelle que si l’on peut voir mieux, plus loin, plus longtemps, ce n’est pas par notre propre grandeur, mais par celle de nos inspirations. Si nous gagnons en sagesse, ce n’est qu’en s’appuyant sur celle de ceux qui nous ont précédés.

J’ai toujours été passionné par l’Histoire. Et celle-ci nous apprend à voir mieux. À nous inspirer de ce qui fut, pour chercher à bâtir plus loin. Pourtant, l’Homme a tendance à répéter ses erreurs plutôt que de grandir d’elles. Les cycles du passé se répètent et la sagesse des anciens se perd, s’oublie, fait même rire parfois. Qui croyait encore qu’Orwell et sa vision de 1984 trouveraient un écho aussi criant aujourd’hui? Qui penserait que nous pourrions revivre des dérives totalitaires, nous, peuple blanc éclairé et puissant aveuglé par notre autosatisfaction? Qui s’imaginerait le monde autrement qu’il ne l’est, alors que l’Histoire regorge des exemples de ces puissances déchues?

Nous ne sommes que des nains, qui ne doivent pas oublier de grimper sur les épaules des géants. Nous ne sommes que des êtres humains, qui doivent se souvenir que notre sagesse n’est pas acquise, que notre monde n’est pas immuable, pour entrevoir le monde avec un tout autre regard.

Un bon dimanche à vous tous

Si vous êtes curieux, écoutez les 5 premières minutes de cette émission qui reprend l’histoire de cette métaphore : SUIVEZ LE LIEN.

Pouvons-nous encore?

« Femmes, je vous aime. Peut-on encore seulement dire cela? J’ai l’impression qu’aujourd’hui, le féminisme a tué l’amour des femmes et la galanterie. Oh ne vous méprenez pas, j’ai pour le sexisme et les maltraitances faites aux femmes le plus grand dégoût, mais j’ai peur qu’à mesure que le temps passe, l’on apparente certains actes de bonté et de tendresse, à du sexisme ordinaire. Je veux pouvoir tenir la porte à une dame, lui sourire, la saluer et même, pourquoi pas, pouvoir lui dire qu’elle est belle, sans sous entendu, juste par sincérité, comme on le dirait d’une étoile que l’on trouverait plus brillante qu’une autre. Je veux pouvoir avoir le droit d’aimer les corps que j’aime, sans me faire taxer d’être le produit d’une société qui me dit ce qui est beau ou ce qui ne l’est pas. Je veux pouvoir être libre, sans que la liberté des unes devienne une prison pour moi. J’ai peur qu’une branche du féminisme dérive vers une bien-pensance rétrograde inversée.
Cela n’empêche que je soutiens le combat qui est celui des femmes, de lutter pour l’égalité de nos droits qui, aujourd’hui, ne devraient même pas faire l’objet d’un tel scandale tant il devrait être naturel d’avoir acquis cette évidence. Je veux juste être libre d’aimer les femmes, sans intention, sans idée, juste aimer… inconditionnellement. »

Cette réflexion sur l’évolution des pensées autour du sujet du féminisme m’est venue il y a longtemps et j’avais laissé de côté ce petit texte par crainte de ce que certains pourraient dire de ma façon de penser. Mais qui aurait bien le droit de définir à ma place ce que je peux penser ou exprimer?

Cela me rappelle une autre chose qui m’a heurté il y a quelques semaines. J’ai pris conscience que nous sommes devenus de plus en plus prudes. Derrière des discours de liberté et d’ouverture, l’on censure petit à petit des choses qui, il y a quelques années, étaient monnaie courante. J’ai été marqué par cela lorsque j’ai comparé une série que je regardais il y a quelques semaines, avec des films des années 80-90 que j’ai eu le plaisir de revisionner pendant ce confinement. La première évoquait le désir et l’érotisme dans le regard des acteurs et la ligne narrative, mais dès que la caméra descendait sur un fragment d’épaule nue, celle-ci se détournait dans un fondu au noir comme s’il s’était s’agit d’une scène pouvant heurter la morale. Le second débutait sur une femme sous emprise de drogue qui se dévoilait seins nus, et les jurons de l’inspecteur, la cigarette au bec, résonnant dans la pièce lorsqu’il arrive sur la scène de crime.

Je ne dis pas qu’il faut faire l’apologie de la vulgarité ni que la nudité doit être utilisée à tout va, mais je pense que cette évolution est symptomatique d’un malaise de la société envers le corps, et envers tout ce qui peut être clivant en général.
Une cigarette choque alors que Gainsbourg enchaînait les Gauloises sur les plateaux de télé. Une épaule nue choque alors qu’il n’y a pas plus naturel que les corps.
Je pense que le cinéma est justement là pour sublimer les différences, les unicités, pour choquer parfois aussi, car les évolutions de conscience passent aussi par là.
Le rôle de l’art est d’aider à ouvrir les yeux. Et j’ai peur qu’à force de lisser ce que l’on voit, l’on oublie le trésor de la diversité, le rôle de transgression des arts.

L’artiste doit pouvoir tout dire, tout faire. C’est sa place. Et de cette liberté dépend une grande part de la liberté d’expression de tous.
C’est ensuite la responsabilité individuelle qui opère. Notre libre arbitre nous permet de décider si l’on veut avoir accès à telle ou telle oeuvre.
Ce sujet revient au même problème rencontré sur d’autres thèmes : l’on préfère, dans notre société occidentale bien pensante, interdire ou fustiger plutôt que d’éduquer et de laisser le public décider pour lui même (et pas pour les autres) de ce qu’il veut voir, lire, écouter.
Alors s’il vous arrive de lire un livre qui vous dérange, refermez-le, mais ne traînez pas son auteur en place de grève. Si un film vous choque, éteignez la télévision, mais ne provoquez pas d’ire générale contre son réalisateur. Si une musique vous agresse les oreilles, baissez le volume, mais le taxez pas l’artiste de tous les maux de la terre.

Respectez l’art.
Respectez les artistes.
Respectez la liberté, tout simplement.

Absurde?

Ça y est, la vie va peu à peu reprendre, sans pour autant que nous retrouvions la normalité de ce qu’était notre existence jusque là… Mais qu’est-ce que la normalité?

Je suis partagé par un petit côté désillusionné qui me dit que rien ne va vraiment changer. Que le monde repartira dans ses dérives pour une simple raison : L’Humain a oublié de penser la vie comme un chemin qui mène à la connaissance de soi, à l’Équilibre.

Et puis il y a la voix de l’éternel positif, qui me dit que, sans doute, plein de personnes auront profité de ce temps d’introspection pour se dire : et si demain nous faisions différemment? Je ne compte pas sur les politiques pour cela, mais sur chacun des petits actes qui feront que nous nous rapprocherons tous d’une existence plus en phase avec ce que nous sommes dans notre nature profonde, des âmes qui ne sont vouées qu’à une chose: l’élévation.

Je vous l’avoue sans honte, je n’ai pas hâte de reprendre le travail. Ce dernier n’est pour moi qu’un moyen de subvenir à mes besoins. Comme beaucoup de monde, j’imagine. Je prends tout de même plaisir dans ce travail et je me lève (parfois difficilement^^) le matin, avec la volonté de toujours donner le meilleur. Cela est dû à cette volonté sans faille que j’ai de toujours vouloir voir le positif. Je n’ai pas le choix que de travailler, mais je le fais avec le sourire.

Et cette réflexion me fait me demander ce qui nous pousse à faire ce que nous devons faire. Qu’est-ce qui nous motive vraiment? Est-ce l’argent? La reconnaissance? La position sociale?

Je n’ai jamais eu besoin d’un travail pour me sentir reconnu. Seul le regard des gens que j’aime m’importe, pas celui de la société. Ma position sociale n’est pas brillante, je suis cheminot et autant dire qu’aux yeux de beaucoup, je ne suis qu’un nanti privilégié qui ne fait pas grand-chose à part mettre en retard des trains. Alors reste l’argent… Eh bien oui, c’est l’argent qui me motive. Pas parce que je veux l’amasser et l’étaler devant tout le monde, mais parce qu’hélas, c’est un mal indispensable si je veux manger. C’est drôle, non? De devoir aller travailler pour recevoir un chiffre virtuel qui vous permet d’acheter ce qui avant était produit. On a ajouté cet intermédiaire inutile, qui ne fait que nous pourrir la vie et aujourd’hui, nous n’imaginerions même pas un monde sans.

Nous reprenons le travail, ou le continuons pour ceux qui ne se sont pas arrêtés, parce que nous sommes esclaves de l’économie et de l’argent. Esclaves d’un système qui a oublié l’essentiel pour nous couvrir de superflus. L’économie s’effondre lorsque nous n’achetons que ce qui nous est primordial…

Ce confinement a finalement été un thermomètre parfait de l’absurdité de notre système.

Je vous souhaite à tous de trouver l’Équilibre, et de vous défaire peu à peu des chaînes qui nous retiennent.

Pourquoi j’ai écris Jolly Roger ?

Jolly Roger (à prononcer à l’anglaise, il ne s’agit pas d’un coquet Roger)… mon dernier roman dont la version numérique vient tout juste de sortir, traite de liberté et de recherche de soi.

Je voulais vous parler des raisons qui m’ont poussé à écrire, en particulièrement cette histoire, et pourquoi les sujets que j’y aborde sont tant d’actualité ?

Une soif inextinguible :

La Liberté. C’est sans doute le sujet central de toute mon œuvre. Une liberté qui mène à l’Équilibre. Je me suis longtemps demandé d’où me venait cette rage d’être libre… j’ai eu une enfance heureuse et je n’ai vécu aucun traumatisme (du moins que je garde en mémoire). Mais je me souviens de moments où je me suis senti floué, pas respecté. Lorsque j’étais enfant, je rêvais de pouvoir avoir le droit d’exprimer mes avis, et surtout d’avoir la capacité de les exprimer de façon à être pris au sérieux. Sans doute cette volonté m’a-t-elle tenue et me tient encore aujourd’hui. Ce besoin de me savoir libre de dire et de faire ce que veux. Les restrictions qui viennent avec l’enfance sont terminées, place à une soif toute adulte !

Les pirates :

J’ai toujours été fasciné par les aventures mettant en scène des pirates. Mais un détail me chiffonnait toujours : quel intérêt de ne vivre que pour amasser de l’or que l’on ne pourra, de toute manière, pas dépenser puisque l’on est des hors-la-loi ? Je me suis alors demandé quelle volonté pouvait pousser ces hommes et ces femmes à vivre en marge de la société des XVIIèmes et XVIIIèmes siècles. Et j’ai imaginé, après plusieurs recherches historiques, une piraterie qui se rapprocherait plus d’une révolution libertaire que l’Histoire aurait passée sous silence, qu’un simple groupe de pillards.

Un attachement profond à la démocratie :

Voilà un sujet qui mérite que l’on s’y penche. Car les accrocs au pouvoir du peuple sont nombreux… vous comprenez pourquoi je dis qu’il s’agit d’une histoire qui traite de l’actualité ? Je suis très surpris des commentaires que je vois parfois, sur l’utilité du vote ou sur le scandale que le maintien d’élections peut être un sujet négatif. Et même si je comprends les arguments qui accompagnent ces commentaires, je ne peux m’empêcher de me dire que ça n’est pas en démissionnant que l’on règle les problèmes. Que c’est même sans doute en en faisant plus que l’on peut participer, à notre mesure, à l’amélioration des choses et au fait que nous soyons maîtres de nos destins. Je ne parle pas de politique. Pas comme on l’entend. Je parle d’être acteur de notre vie, de la vie collective, et d’être porteur d’une vision qui, elle le doit, contribue à nos libertés.

La peur de l’autre :

Une amie chère m’a dit il y a quelques jours « je commence à avoir peur de mes congénères ». La peur de l’autre est la base fondamentale de tous les conflits, j’en parlais dans mon précédent article. La peur de la différence en particulier. Guerres de religion, guerres d’idéologies, toutes ont été motivées par la crainte que l’on a de ce que l’autre est différent, et de ce que cela implique dans l’équilibre d’une société. Je voulais parler de cette peur, et je me dis que ce sujet prend encore plus d’ampleur aujourd’hui, lorsque ce sentiment s’étend, au-delà de l’idée, à notre santé. Ne tombons pas, malgré les risques, dans la peur et la stigmatisation. Ne soyons pas les acteurs d’une nouvelle « guerre » où, pour le coup, tout le monde devient l’ennemi.

Une aventure :

Parce que les sujets de fonds sont une chose, mais qu’on lit aussi pour se détendre, j’ai voulu faire de ce livre une vraie aventure. Un parcours de vie qui nous montre les aléas de l’existence de ce personnage qui se bat pour faire de sa vie ce qu’il entend.

 

Voilà…

J’espère que ces quelques mots auront piqué votre curiosité pour lire Jolly Roger, et mes autres écrits bien sûr 😉 si vous avez des questions, des commentaires, n’hésitez pas.

Si l’aventure vous tente, vous pouvez trouver la version numérique de Jolly Roger ICI.

Dans l’ebook, un code promo vous attend, à utiliser dans ma boutique sur la version papier, illustrée par Emmanuelle Delouhans, de ce même roman (lorsque je pourrai reprendre l’édition papier : fin de confinement).

 

En-corps

« Je veux te toucher. Effleurer du bout des doigts ta peau. Embrasser de passion tes lèvres. Entourer de mes bras ton corps et te serrer, pour sentir ta vie contre moi. »

Je veux continuer de me dire que demain ne sera pas synonyme de défiance. Défiance de l’autre qui deviendrait l’ennemi de cette « guerre » que l’on nous demande de mener. Défiance face à eux qui nous soignent ou qui ont été malades. Je ne veux pas que notre avenir se cantonne à chasser ou à rejeter ceux qui pourraient être un risque. Je veux continuer à serrer vos mains, vous embrasser, partager des verres même si l’on ne sait plus qui a bu dans quoi. Je veux continuer à me dire que l’autre que j’aime est toujours le même, et ne pas le voir comme le porteur potentiel de mon malheur.

Je ne veux pas avoir peur de toi.

La peur de l’autre est à l’origine de toutes les pires atrocités. Les guerres de religion, les génocides, les conflits militaires, l’extinction de nos ancêtres les plus anciens… l’Histoire de l’humanité regorge d’exemples. Je refuse d’être le vecteur de cette peur. Je refuse de me laisser aller à cet instinct qui, si nous le laissions tous surgir, nous pousserait à un individualisme encore plus ténu qu’il ne l’est déjà.

Je veux continuer de sourire dans la rue à ceux qui me croisent. Parler de tout et de rien sans avoir à toujours revenir sur les actualités angoissantes dont on nous gave pour nous maintenir sous silence. Je veux continuer d’être libre de dire ce que j’ai envie de dire, faire ce que j’ai envie de faire, dans un monde qui ne soit pas sécuritaire, dans un monde dans lequel on n’étouffe pas.

Je n’ai pas peur. Car je me dis que quoi qu’il advienne, je serai libre. Que rien ni personne ne saura éteindre ce feu qui brûle en moi depuis toujours. 

Ce sont des prières que je fais de pouvoir continuer de courir, de toucher, d’embrasser, de faire l’amour, de partager, de m’esclaffer. J’ai envie, encore et en-corps, d’aimer, de vivre… tout simplement !